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Ensemble de moyens mis en œuvre pour lutter contre une maladie : soit pour la guérir, soit pour diminuer le danger, soit pour calmer les souffrances qu’elle cause, soit pour...

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Un institut unique

Intervention des Pr Le Chevalier et Dartevelle

Journée scientifique de l’IOT

Retranscription de l’interview du Pr Thierry Le Chevalier, oncologue médical

Je voudrais rapidement vous dire d’où vient cet Institut d’Oncologie Thoracique. Je vais vous dire – mais tout ça est connu de la plupart – pourquoi nous y avons songé.

D’abord les cancers thoraciques représentent une très grande variété de tumeurs. Nous le savons tous, il y a des sarcomes, des carcinomes, y’a des mésotéliomes et le thorax constitue un problème fonctionnel et anatomique tout à fait particulier qui fait qu’on ne peut pas traiter ces tumeurs comme beaucoup d’autres, telles les tumeurs du sein, les tumeurs gynécologiques, etc, qui font appel à une chirurgie classique relativement homogène.

Le diagnostic des tumeurs thoracique est très souvent tardif. On a de multiples centres diagnostics en France comme dans le reste du monde et on a une prévention qui est insuffisante, pour ne pas dire nulle dans nos pays.

L’épidémiologie des cancers bronchiques :

  • Une quarantaine de milliers de nouveaux cas par an en France.
  • Un âge médian qui est presque toujours sous-estimé qui est en fait de près de 70 ans. 
  • Le cancer le plus fréquent ou un des plus fréquents, de toute façon c’est la 1ère cause de mortalité.
  • Environ 1/3 des patients sont opérables.
  • La tendance est à la diminution chez l’homme compte tenu des gros efforts qui sont faits par les hommes pour moins fumer et en pleine croissance chez les femmes qui n’ont pas encore décidé d’arrêter de fumer.

Qu’est-ce qu’on offre en 2012 :

  • de multiples services de pneumologie ; publics privés, parapublics,
  • quelques services de chirurgie thoracique, dans des centres spécialisés ou non, chirurgicaux purs ou médico-chirurgicaux,
  • des centres de radiothérapie qui ne sont pas toujours intégrés aux centres de chimiothérapie, les deux étant presque toujours à distance des centres de chirurgie,
  • et puis quelques plateformes de recherche.

Pourquoi essayer de relier tout ça ?
Dans notre idée, le regroupement de toutes ces spécialités donne le maximum de chances de comprendre la maladie et d’améliorer son traitement. Les exemples les plus classiques sont la tuberculose, dans le courant des années 40 et à la fin des années 40, où tout un système s’est mis en route, si bien que quand les antibiotiques antituberculeux sont arrivés, ils n’ont plus eu qu’à cueillir un réseau d’infrastructures qui était parfaitement au point, et, pour faire simple, la tuberculose a été contrôlée en quelques années. Le 2ème exemple, c’est le sida : une explosion au début des années 80, une foule de gens qui veulent s’en occuper mais pas trop, faire un petit bout etc et puis, une volonté d’une minorité de créer une prise en charge globale du sida et en quelques années, de la prévention au traitement, on va dire là encore de façon un peu simple, que le sida est à peu près contrôlé, et ça depuis une quinzaine d’années en France. Il y a encore à faire mais le tissu est là. Pourquoi ? Parce que la maladie a été prise de A à Z.

Or, en fait, dans les tumeurs bronchiques, les centres anticancéreux font des trucs, les services de pneumo font des trucs, les services de chirurgie font des trucs…il n’y a aucune vision globale de la maladie et c’est un petit peu le principe de l’IOT, c’est de dire, on prend le cancer de A à Z, de la prévention jusqu’aux soins palliatifs ou presque enfin du moins tant que les soins sont spécifiques et on a une couverture de l’ensemble de la maladie, avec une vision globale.

 

Retranscription de l’intervention du Pr Philippe Dartevelle, chirurgien thoracique
Cette 1ère rencontre des Alumni de Marie Lannelongue avec l’Institut Gustave Roussy c’est, pour nous, une grande satisfaction parce qu’elle récompense un travail de plusieurs années avec Thierry Le Chevalier qui a permis la création de cet IOT, de cet Institut d’Oncologie du Thorax.

Cet institut d’Oncologie du Thorax c’est l’intersection, en fait, de la cancérologie médicale avec la chirurgie thoracique. L’une est une spécialité de maladies, l’autre est une spécialité d’organes.

Autour de ce concept d’IOT, ce sont réunis des médecins de tous horizons – biologistes, chercheurs, oncologues, radiologues, radiothérapeutes, imageurs, pathologistes, chirurgiens, pneumologues et réanimateurs – tout ça au profit de nos patients qui bénéficient d’une prise en charge tout à fait optimale et au profit de la qualité des soins et de la recherche dans nos différents domaines.

Thierry Le Chevalier a regroupé toutes les forces de l’IGR, de son école, comme moi-même j’ai pu le faire à Marie Lannelongue avec une interpénétration qui a été remarquable et des liens d’amitié qui se sont créés et qui facilitent considérablement les choses.

Cette notion d’Alumni pour nous est importante. Elle correspond à l’attache des médecins à une école. C’est la prolongation dans le temps des générations médicales et je remercie particulièrement Sacha Musso, qui a créé ces Alumni de Marie Lannelongue grâce à son sens de la communication, de l’organisation et des relations humaines. Il est arrivé, pour cette 4ème année d’existence, à regrouper beaucoup de nos anciens élèves et à inviter plusieurs de nos amis de province, à l’étranger et quelques-uns de nos correspondants fidèles. Ces Alumni sont donc un lien intergénérationnel, indispensable dans notre profession, et je l’assimile volontiers à ce qui existe dans les grandes entreprises, où, maintenant, on fait écrire à des historiens l’histoire de l’entreprise pour créer une véritable culture d’entreprise.

Ce qu’a créé Sacha Musso est remarquable pour la chirurgie du thorax dans son ensemble et voir se raccrocher aujourd’hui la même chose à l’IGR va encore renforcer la qualité scientifique et les relations humaines de nos deux institutions de marque.
L’IOT a dès maintenant acquis une notoriété internationale. Il reste certes beaucoup à faire et c’est pour c’est pour cela que nous sommes là aujourd’hui. Donc merci d’être aussi nombreux aujourd’hui.

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